Cameroun : à Kribi, les jeunes de trois pays célèbrent la Journée Internationale de la Jeunesse

Plusieurs jeunes, français, allemands et camerounais, réunis à Kribi, (cité balnéaire du sud Cameroun) dans le cadre d’un échange culturel, ont profité de la célébration de la journée internationale de la jeunesse (12 août 2016) pour redire leur engagement à œuvrer pour la  construction d’un monde meilleur en faisant tomber les préjugés.
C’est par une heureuse coïncidence que la ville de Kribi, chef lieu du département de l’Océan dans la région du Sud  Cameroun, a réussi pour la première fois de sa longue histoire à célébrer de concert avec le reste du monde, la Journée Internationale de la Jeunesse (JIJ). Célébration dont le ton a été donné par le Secrétaire Général de l’ONU en personne. En effet, dans un message envoyé aux quatre coins du globe terrestre, Ban Ki-Moon a écrit entre autres « Les jeunes du monde entier qui représentent la génération de jeunes la plus nombreuse de l’histoire peuvent, au niveau mondial, briser les schémas du passé et mettre le monde sur la voie d’un avenir plus durable. Directement touchés par les tragiques contrastes qui existent à l’heure actuelle entre la pauvreté extrême et la richesse ostentatoire, la faim dévorante et le gaspillage alimentaire honteux, les riches ressources naturelles et les industries polluantes, ils peuvent apporter des solutions à ces problèmes, qui sont au cœur du Programme de développement durable à l’horizon 2030. ». Un morceau choisi qui s’inscrit en droite ligne du thème retenu pour cette édition à savoir « La route vers 2030 : éiminer la pauvreté et parvenir à des modes de consommation et de production durables. ». Thématique à laquelle près d’une vingtaine de jeunes (dont la moitié est venue de France (6) et d’Allemagne (5) tandis que le reste est issu du Cameroun (8), ont débatu lors de leur traditionnel échange culturel tri national des jeunes (ETJ).

Ce véritable brassage de cultures tenu à Kribi entre le 30 juillet et le 14 août 2016, avait pour objectif principal de « démasquer les préjugés et consolider la paix ». Un objectif atteint pleinement si l’on s’en tient au bouillon de cultures servi au grand public de cette partie du pays par Manu Dibango le 12 août dernier à travers une soirée culturelle de clôture. La preuve, c’est que ladite soirée s’est ouverte par un hymne composé par les jeunes en question dans cette ville qui a pour citoyens d’honneur Samuel Eto’o et Yannick Noah. Des citoyens du monde qui auraient certainement aimé être  là pour reprendre en chœur avec ces jeunes « cheminons ensemble pour bâtir un monde meilleur », le refrain évocateur de ce chant de ralliement.
Cependant, les participants à l’ETJ 2016 ont souhaité de tout cœur « voir d’autres voix venir s’ajouter à la leur pour faire entendre à une large échelle la cause qu’ils ont développée et défendue tout au long de ces deux semaines d’échange particulièrement enrichissantes. ». Richesse que saura traduire le rapport général lu séance tenante en allemand et français avec à l’appui un diaporama photos pour joindre des images à la parole. Les spectateurs ont ainsi pu apprécier à leur juste valeur les échanges constructifs avec les autorités locales, les hommes et les femmes de médias, les pygmées et certains responsables des agro industries installées autour de cette ville balnéaire dont les vestiges allemands et français n’ont pas manqué d’émouvoir ces ambassadeurs de la paix. Paix qu’ils ont d’ailleurs su promouvoir à travers plusieurs ateliers  de réflexion dont les thèmes allaient de« démasquer les préjugés, consolider la paix » à « volontariat jeune : implication de la jeunesse dans les projets et chantiers de solidarité internationale en Afrique et dans le monde » en passant par  « place des jeunes face à la montée de l’extrémisme en Afrique ». Par contre, les ateliers de danse, de cuisine et de mode, les animations linguistiques et culturelles, les randonnées botaniques et la beach party dont la soirée culturelle a été la vitrine par excellence, ont montré que l’utile et l’agréable étaient logés à la même enseigne tout au long de l’ETJ 2016. Une édition qui s’est clôturée par une innovation majeure, à savoir la remise des diplômes de participation à tous les participants. Des lauriers sur lesquels les jeunes et leurs encadreurs ont promis ne pas s’endormir surtout que le plaidoyer fait à Kribi a reçu un écho favorable sur le plan local avec de nombreuses demandes d’adhésion enregistrées. Du sang neuf qui est venu mettre du baume au cœur de Jean Mace Banoho, heureux de voir que son initiative après des débuts laborieux est quasiment assurée d’un avenir radieux.

Main dans la main pour des meilleurs lendemains.

C’est à cet allemand d’origine camerounaise que l’on doit la tenue de cet échange culturel dont la première édition a eu lieu outre Rhin en 2013 après une longue gestation. Effectivement, depuis le début des années 2000 cet ancien immigré ayant souffert du racisme et de nombreux préjugés en Europe caressait le rêve de réaliser un projet permettant aux jeunes de ses pays d’origine et d’adoption de créer un langage commun en bannissant les idées reçues. Projet qui se réalisera finalement avec le soutien multiforme que lui apportera l’Office Franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ). Office qui par la même occasion va s’ouvrir à un pays tiers. Ouverture que l’on peut comprendre quand on sait que le Cameroun a eu un passé particulièrement douloureux avec les deux pays en question également meurtris par des guerres mondiales. C’est justement au lendemain du traité de l’amitié franco-allemande, signé le 22 janvier 1963, que l’OFAJ est mise sur pied avec pour mission de consolider les relations entre les jeunes des deux pays et d’approfondir leur compréhension mutuelle. Pour y parvenir, l’OFAJ s’appuie majoritairement sur des associations parrainées par les collectivités locales et territoriales. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle cet échange culturel repose depuis ses débuts sur trois associations sœurs à savoir Echo Kamerun de Bad Belzig en Allemagne, Cœur d’Afrique et d’ailleurs de Maurepas-Yvelines en France et Echo Belzig-Kribi de Kribi. La dernière citée a pour président d’honneur le maire de la Commune d’Arrondissement de Kribi II (CAK II). L’édile Guy Emmanuel Sabikanda est heureux de voir que, grâce à des liens noués par des jeunes, sa commune est en passe de se jumeler à celle de Belzig. Un jumelage qui viendra certainement donner un coup d’accélérateur à la réalisation du projet de construction à Kribi d’un écho village ou d’un centre multifonctionnel des jeunes d’une superficie de trois hectares. L’Ofaj, par la voix de son animatrice interculturelle Mona Lenssen, a redit l’importance qu’il attache à la réalisation de ce projet pour lequel l’office est du reste prêt à mettre la main à la poche. Une générosité sur laquelle le président actif d’écho Belzig-Kribi, Dieudonné Eman, sait qu’il peut compter pour conduire quelques-uns de ses membres en France et en Allemagne l’année prochaine pour prendre part à l’édition 2017.
En attendant, le président sus mentionné a exprimé sa gratitude à toutes celles et tous ceux qui ont permis que « des jeunes de diverses horizons puissent  vibrer en phase en faisant le plein de nouvelles idées à Kribi, ville appelée à devenir, à l’horizon 2035, un véritable pôle de développement socio-économique, non seulement pour le Cameroun, mais également pour la sous-région Afrique centrale. ».

 

 

 

Ph etj (1)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *